Histoire de la ville

La ville de l’Ariana constitue la plus importante banlieue dans la partie Nord de la capitale tunisienne. Ainsi, les familles et les visiteurs s’y rendent-ils lors de la saison printanière afin de profiter de ses vergers et de ses champs fleuris et verdâtres.

Plusieurs références ont cité son existence à côté de Carthage la Phénicienne et de la plage de Raoued. Le marabout Sidi Mehrez Ibn Khalaf protecteur de la ville de Tunis y a vu le jour et à partir de l’Ariana il se rendait à Carthage dont il a décrit les sites et monuments dans ses poèmes.

Le souverain Hafside Al Moustançir Billah a fait de l’Ariana la résidence de la colonie juive aristocratique et des musulmans émigrants de l’Andalousie au 13ème siècle après J.C. Il y a construit un château dans son verger connu sous l’appellation du verger d’Abou Fehr, Il a installé également dans la ville de l’Ariana les membres de sa cour, les notables de son royaume et les commandants de son armée.

Al Moustançir a amené l’eau de Zaghouan à l’Ariana par le biais des oléoducs romains ainsi que pour l’approvisionnement de la mosquée de la Zitouna.

Parmi les illustres personnages qui résidaient une partie de l’année à l’Ariana, notamment lors du printemps, l’on peut citer l’historien Ibn Khaldoun, le poète et écrivain andalous Abou Abdallah Mohamed Ibn Al Abar et le poète Béji Messaoudi.

La colonie andalouse aristocratique a construit dans le carré de la Soukra de belles demeures dans les vergers les plus fleuris. Les mouachahats andalouses ont connu un grand développement dans la région de l’Ariana, à l’instar des autres villages andalous comme Testour, Soliman et Ghar El Melh. La Ville de l’Ariana est réputée, depuis la nuit des temps, par sa production agricole et par ses roses, au point que l’un des dictions les plus répandues professe justement : « les roses de l’Ariana peuvent réveiller les morts des cimetières »

Au centre de la ville de l’Ariana, une plaine basse entre la plage de Raoued et Gammarth, la ville de Carthage et le mont du marabout Sidi Abou Said Béji. Parmi les centres les plus courus à l’Ariana, on peut citer le mausolée de Sidi Ammar Maaroufi, protecteur de l’Ariana contre la Croisade conduite par Saint Louis en 1270 après J.C. à l’époque du sultan hafside Al Moustançir Billah ainsi que le mausolée de Sidi Amor Boukhtioua qui se trouve sur le plus haut mont surplombant la plage de Raoued.

La ville de l’Ariana se situe entre l’aéroport de Tunis-Garthage et la ville monumentale de Garthage. A La nouvelle ère des échangeurs gigantesques ont été construits aux portes de la ville pour des autoroutes spacieuses devenues aujourd’hui les principaux portails des entrées de la ville de Tunis du côté Nord La ville de l’Ariana comporte plusieurs châteaux qui témoignent de son passé glorieux, à l’instar du « Château Ben Ayed » abritant actuellement le siège de la municipalité, le château Zaouche et Ksar El Baccouche qui abrite à l’heure actuelle le centre national de la danse.

La ville de l’Ariana se situe au governorat de l'Ariana qui est un chef lieu du gouvernorat de Tunis, le gouvernorat de la Manouba au sud et le gouvernorat de Bizerte au Nord. La ville de l’Ariana était le lieu où les habitants de Tunis se sont réfugiés fuyant la répression de l’armée espagnole dont les soldats ont commis beaucoup d’actes barbares, à l’instant de la destruction du bassin d’eau construit par Al Monstançir au verger Abou Fehr où se trouve actuellement laCité des Sciences. Avec les pierres de ce bassin, les espagnols ont construit la prison de la Karraka à la Goulette et le château qui a été habité par Charlequint (le siège de l’ambassade de France à l’heure actuelle) connu sous le nom « le Bastion ».

Demeure une image sur la campagne espagnole et sur ses conséquences douloureuses, à travers douze toiles peintes par vermeyne et exposées aujourdh’ui au Palais royal de Madrid faisant apparaître la ville de l’Ariana et les chateaux du sultan hafside Al Moustançir au verger Abou Fehr sur les berges du Lac.